À l’occasion du lancement de l’album jeunesse « L’extraordinaire voyage de Bigorneau », illustré par Cécile Berlioz, nous vous invitons à une soirée d’échanges unique autour de la neurodiversité.
À travers les aventures de Bigorneau, une petite tortue hypersensible, nous explorerons comment transformer les particularités de chacun en véritables ressources, à la maison comme à l’école.
Le programme de votre soirée :
Dès votre arrivée, plongez dans une ambiance marine apaisante. Découvrez le « Coin Récif », un espace de lecture démonstratif conçu pour être « neuro-amical » (modèle reproductible en classe ou chez soi).
Deux mini-conférences animées par un neuropsychologue et des psychomotriciennes pour parler de surcharges, stratégies d’apaisement et des aménagements simples possibles en classe pour les profils TSA/TDAH.
Un dialogue entre experts de la santé et de l’éducation (neuropsychologue, psychomotricienne, enseignante et l’auteure) pour partager des pistes pédagogiques et des exemples concrets.
Projection des illustrations et lecture sensorielle de l’album, suivie d’une présentation du « making-of » et de ses utilisations pédagogiques.
On finit par une séance de dédicaces en avant-première.


Lancement album jeunesse
Et si l’équilibre d’un récif corallien nous apprenait à accueillir la différence ?
Intervenants


Cécile BERLIOZ - Auteure Illustratrice, Diplômée de l'Institut Bordelais de Stylisme Modélisme (IBSM) en 2008.
Elle a travaillé chez Christian Dior et au Musée Galliéra (musée de la mode de la ville de Paris) entre 2007 et 2009 puis a réalisé divers défilés à Bordeaux et dans le Beaujolais. Elle s'installa définitivement à Grenoble en 2013 où elle s'est mise à écrire des romans et albums jeunesse illustrés. En 2023, elle s'est intéressée aux TND (et plus spécifiquement à l'hypersensibilité, au TSA et au TDAH) et décida d'écrire et illustrer un album jeunesse autour de la neurodiversité, alliant sa passion pour la biodiversité marine et l'univers doux et poétique de l'aquarelle.
"L'extraordinaire voyage de Bigorneau" sera publié en Février 2026, suite au lancement du livre à la Casemate de Grenoble.
Elle est en train de travailler sur un nouvel album jeunesse autour du TDAH, qu'elle écrira avec la psychomotricienne, Céline Rizzo.


Céline RIZZO - Psychomotricienne diplômée d'Etat à l'IFP de Toulouse.
Installée depuis 10 ans en libéral à Grenoble, formée plus spécifiquement en TDAH enfants, adolescents, adultes. Formatrice pour les paramédicaux sur la prise en charge des fonctions exécutives dans le TDAH adulte. Organisatrice avec son binôme Laura RENAUD de soirée paramédicales sur Grenoble sur le thème du TDAH.
Formation spécifique : Guidance parentale (Barkley, REACT), prise en charge des fonctions exécutives chez l'enfant (Groupe R-PFE), entretien motivationnel, DIVA-5, traitement sensoriel TND, habiletés sociales dans le TDAH, formation de formateur.


Noémie ZIOUANE - Psychomotricienne diplômée d'Etat à l'IFP des Mureaux.
Dès sa sortie de l'école son intérêt pour le TSA s'amplifie et par des concours de circonstances sa patientèle se restreint.
Toutefois, les comorbidités font qu'elle reste attentive aux nouvelles connaissances autour des TND en général. Elle s'est formée en guidance parentale, en régulation émotionnelle et en prises en charge des fonctions exécutives. En plus des suivis individuels, elle propose également des groupes d'habiletés sociales.


Christa CASSET - Educatrice Spécialisée, diplômée de l’école du Havre.
Elle a travaillé pendant 17 ans au sein d’un SESSAD de l’agglomération grenobloise auprès d’enfants et d’adolescents présentant des troubles du neurodéveloppement.
Aujourd’hui, elle intervient principalement à domicile auprès d’enfants, d’adolescents et d’adultes, en lien étroit avec les familles et les partenaires du territoire. Elle propose aussi des accompagnements en milieu scolaire, individuels ou collectifs, en s’appuyant sur des médiations artistiques (impro, clown, expression corporelle) menées avec la Compagnie du Lez’arts.


Yannick HIMBER - Neuropsychologue, diplômé d'un Master en psychologie (spécialisation en neuropsychologie) de la faculté de Lyon.
Il détient une connaissance complète des liens cérébraux et des capacités mentales, émotionnelles et comportementales des patients. Et surtout il s'est faire preuve de créativité et d'adaptation en fonction de chacun pour permettre à tout le monde d'exprimer le meilleur de soi.
Basé à Grenoble en Isère, Yannick Himber, est un neuropsychologue depuis 2014. Il a pour but de faciliter la vie des gens et vise à aider d’autres professionnels à mieux comprendre leurs patients.


Nathalie DAVIGNON - Professeure des écoles diplômée de l'IUFM de Grenoble, Master en lettres modernes Paris X Nanterre.
Elle enseigne depuis 32 ans et mène des actions de formation auprès d’enseignants dans des contextes sociaux variés (banlieue parisienne, Sarthe, Grenoble et son bassin), auprès d’élèves de tous cycles. Sa pratique s’appuie sur une pédagogie bienveillante centrée sur la confiance en soi, le sens des apprentissages, l’engagement et la construction d’aides adaptées aux besoins de chaque enfant.
Elle met en place chaque année des projets culturels pluridisciplinaires mêlant littérature, écriture, chant, musique, danse, arts plastiques et numérique, convaincue que les médiations artistiques favorisent la réussite et la participation de tous.
La soirée...
« De la Biodiversité à la Neuro-diversité : La différence comme force »
Les récifs coralliens sont un écosystème spectaculaire et d’une biodiversité exceptionnelle. Alors qu’ils n’occupent qu’environ 0,2% des fonds marins, ils accueillent plus de 25% des espèces de la vie marine. Ce sont des véritables oasis de vie entre les poissons qui nagent autour et la diversité marine qui vit en symbiose au cœur des récifs. Il existe environ 2500 récifs en Australie et 900 îles et îlots dont l’écosystème unique abrite 1500 espèces de poissons, 4000 espèces de mollusques et plus de 400 espèces de coraux, éponges, gorgones et anémones.
La Grande Barrière de corail située au Nord-Est de l’Australie est le plus grand récif et la plus grande structure sur terre. Elle se démarque par son immense diversité, son inestimable valeur écologique et sa beauté infinie. La Grande barrière de corail abrite une faune riche et variée, et inclus des algues et coraux, des étoiles de mer, des crustacés, des oursins et des éponges, une grande variété de poissons, baleines et requins ainsi que 6 espèces de tortues, dont la tortue olivâtre, la tortue imbriquée ou encore la tortue verte...
Notre Histoire se passe en plein cœur de la Grande Barrière de corail et plus particulièrement sur l’île Héron, qui est le repère de milliers de tortues, dont la tortue verte du nom scientifique « Chelonia mydas ». Ces tortues viennent pondre leurs œufs sur les plages et sont la seule tortue de mer à sortir de l’eau pour prendre des bains de soleil.
Si j’ai choisi cet environnement comme cadre pour mon histoire c’est justement parce qu’il est hétérogène et luxuriant : on assiste à une explosion de couleurs vives comme le mauve, le vermeil, le bleu roi ou encore le jaune canari et une quantité incroyable de textures différentes entre les coraux mous comme les gorgones, les coraux durs constructeurs de récifs, les anémones de mer et les algues souples qui se balancent avec les courants d’eau…
Les récifs coralliens fournissent un lieu de vie pour des milliers d’espèces, mais servent également comme barrage naturel dans le milieu marin : en effet, les récifs coralliens protègent les côtes de l’érosion et absorbent naturellement la puissance des vagues ce qui permet la création de lagons et de mangroves entre les récifs et les côtes. Ces milieux sont propices à la prolifération de la vie marine. Chaque espèce du monde animalier marin joue un rôle à la fois « distinct » et « complémentaire » et c’est dans cet environnement foisonnant, que chacun y trouve sa place.
Le personnage principal de mon histoire est une petite tortue verte appelée « Bigorneau ». Si j’ai choisi ce prénom ce n’était pas par hasard. Au-delà de son aspect « mignon », le bigorneau est le gastéropode le plus « commun » et le plus connu de l’estran rocheux, ce qui est ironique puisque Bigorneau n’est pas une tortue « ordinaire ». Cependant, et tout comme la tortue, ces gastéropodes possèdent une coquille rigide dans laquelle ils se recroquevillent pour se protéger lorsqu’ils sont dérangés.
La tortue verte est un animal aux multiples représentations en raison de ses caractéristiques facilement identifiables et des diverses croyances populaires. Cette icône de la vie marine est souvent assimilée à la sagesse, au courage et à la persévérance, et sa carapace, d’un vert profond, symbolise sa connexion à la Terre et à la vie elle-même. On attribue également aux tortues vertes des qualités profondes et presque « magiques ». Elles peuvent se montrer intenses, calmes et imaginatives. Leur carapace est aussi unique qu’une empreinte digitale humaine. Ce sont des animaux qui valorisent leur propre singularité ainsi que celles des autres.
Cela faisait donc sens pour moi que le personnage principal de mon histoire ait un prénom ambivalent, soit assimilé à des valeurs fortes et soit l’incarnation même de « l’atypie ». L’atypie est quelque chose qui ne répond pas au modèle habituel de référence. C’est l’exception, l’originalité, le paradoxe.
Bigorneau est une petite tortue atypique et hypersensible. Il « n’est pas comme les autres ». Il a des particularités sensorielles, il est anxieux, il est « différent ». C’était important pour moi de créer un personnage à la fois attachant et intriguant, mais aussi un personnage qui pouvait faire écho à des difficultés que certains enfants rencontrent dans leur vie quotidienne.
Les recherches en neurosciences montrent que le cerveau humain traite les informations visuelles plus rapidement et de manière plus efficace que les informations textuelles. En effet, 90% des informations transmises au cerveau sont visuelles. Les images, et en particulier les dessins sont donc des « outils » efficaces pour transmettre et expliquer une idée. De plus, les couleurs vives et le dynamisme des courbes aident à créer des associations qui renforcent la rétention d’information, stimulent l’imagination et aident au développement du langage. Ainsi, rien que d’un point de vue éducatif, l’album jeunesse illustré devient un outil précieux pour piquer la curiosité de l’enfant et encourager l’interaction et la réflexion autour d’une thématique donnée.
Les enfants voient l’art différemment des adultes. Libérés des codes sociaux et culturels qui façonnent la perception des adultes, les enfants sont guidés par des stimuli tels que des couleurs vives ou des formes audacieuses qui leurs suscitent des émotions. Le récit prend vie et leur expérience est enrichie.
La thématique de mon histoire m’a permis de créer un environnement à l’atmosphère mystérieuse, poétique et touchante : L’eau, élément essentiel à la vie, est à la fois fluide, transparente et puissante. Dans la littérature, elle est le miroir de l’âme et le reflet des émotions humaines. C’est également le symbole du « renouveau ». Cela faisait donc sens pour moi que mon personnage principal s’y découvre au fil de l’histoire lors de son grand voyage autour du récif.
J’ai pu utiliser des couleurs à la fois fraîches et douces comme le turquoise, le bleu et le vert, qui symbolisent l’apaisement, l’équilibre et la nature, mais aussi des couleurs plus chaudes, comme le rose, le mauve ou le vermeil. Cette palette riche et variée appelle à la tranquillité et à la réflexion, mais fait naître également une panoplie d’émotions profondes.
La neuroatypie est une perception différente du monde, avec une intensité particulière. Tout enfant mérite d’être représenté dans une histoire et c’est avec ce récit allégorique que je souhaitais permettre aux enfants neuroatypiques de se sentir vus, entendus et valorisés.
L’acceptation de soi commence par la compréhension de soi, de ses difficultés, de ses besoins mais aussi de ses forces. Tout comme dans le monde animalier marin, où la diversité joue un rôle essentiel pour assurer la survie et la cohabitation harmonieuse des espèces, je souhaitais représenter la neuro-atypie comme une richesse.
« L’extraordinaire voyage de Bigorneau » est mon premier album jeunesse illustré, alliant la délicatesse de l’aquarelle à la méthodologie des neurosciences. J’ai commencé à m’intéresser à ce sujet afin de mieux comprendre mon propre fonctionnement et c’est au fil de mes recherches que j’ai compris à quel point la neuro-atypie est omniprésente. Qu’elle soit dans les profondeurs des océans, dans les forêts tropicales ou les villes les plus urbaines, la neuro-atypie fait la richesse du monde qui nous entoure.
Alors que les premières études sur l’autisme débutent au début des années 1940 avec les travaux de Léo Kanner et Hans Asperger, et que les recherches scientifiques à ce sujet ne cessent d’accroître, il existe encore aujourd’hui des idées préconçues, des préjugés et des clichés qui viennent ternir, voir porter préjudice à ceux concernés.
Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité, ou TDA/H, est connu depuis la fin du XIXième siècle avec le français Bourneville qui décrivait ce trouble comme « une instabilité neuro motrice ». Pourtant, grand nombre de personnes pensent encore aujourd’hui que ce trouble est dû à un défaut parental ou pire encore, un engouement vers une « nouvelle tendance ».
Les neurosciences ont montré que les cerveaux hypersensibles quant à eux, présentent des particularités dans plusieurs régions clés. En effet, des études d’imagerie cérébrale montrent que les hypersensibles ont une connectivité plus riche entre certaines zones émotionnelles et cognitives. Pourtant, les enfants hypersensibles sont encore trop souvent jugés pour leurs débordements émotionnels et/ou sensoriels, et fréquemment discrédités par leur entourage.
A travers cet ouvrage immersif, je souhaitais inculquer à la fois, la notion de « voyage » qui mène à la réflexion autour de « soi », et sensibiliser autour des troubles neuro-développementaux.
La connaissance et l’acceptation de soi participent tous deux à la construction de « soi » et permettent une vie à la fois cohérente et enrichissante.














La salle Némoz : lieu insolite moderne et aéré avec des murs en pierre aparante faisant écho aux "grottes de Bigorneau" (musée des sciences et techniques de Grenoble).
Le coin neuro amical : un coin à reproduire à l'école comme à la maison. Lieu d'apaisement pour tout enfant ayant besoin de régulation émotionnelle ou sensorielle. A disposition : jouets sensoriels, casque anti-bruit, livres illustrés, coussins, pouf, tapis coloré, peluches douces sur la thématique de la mer, tipi qui peut se refermer pour un moment de détente cocooning, musique...
Exposition des oeuvres originales
Le coin dédicaces
Le coin de l'artiste






La table des gourmandises : tout comme les récifs coralliens de la Grande Barrière de corail, la table des gourmandises a été installée pour imiter d'un côté les récifs dits "paisibles" avec des macarons aux teintes chocolat, sable et beige, et de l'autre, les récifs dits "en mouvement" avec des teintes plus colorées comme le vert, le jaune et le rose. La diversité des formes, couleurs et textures créent un équilibre riche, varié et vivant. Aucun élément ne domine, chacun contribue à l'ensemble. Les structures paisibles symbolisent la roche et les coraux durs. Les structures dits "en mouvement" évoquent les algues et les anémones qui se balancent avec les courants d'eau...


Photo: Serge Massé, journaliste du Dauphiné Libéré à Grenoble
Alexandre Collet et Cécile Berlioz (Collet)








Echanges pendant les dédicaces et réseautage : un moment convivial et riche en émotions, qui a permit de faire connaissance avec un grand nombre de professionnels de santé, d'enseignants, d'AESH et de parents d'élèves.








